Vendredi 18 juillet 2008 à 23:00

Alyson enfile rapidement son slim, choisi la paire de ballerine qui va le mieux avec son humeur du jour. Roses, parfait. Elle vérifie que son piercing « mouche », un petit diamant, est bien en place, sourit à son reflet dans le miroir, soupire de satisfaction, soulève son sac à main de marque et le pose sur son avant bras. La voilà prête à partir au lycée. Pas de petit déjeuner, trop calorique, elle ne veut pas ressembler à cette mocheté de Louise, une truie bien grasse. Son portable dernier cri sonne, les premières notes du dernier tube de Sheryfa Luna raisonne dans la chambre décorée Playboy: les copines m'attendent en bas, comme tous les matins. Après tout, elles font tout ce que je leur dit. Décidément, cette journée commence bien.


Louise, elle, pendant ce temps, est toujours assise à la table de la cuisine, une tartine plongée dans un grand bol de chocolat. La pendule indique que dans 5 minutes il faudra aller courir attraper le bus, retourner au bagne, avec ces pimbêches qui gloussent comme des dindes. Elle soupire, profite de ses dernières minutes de répit, le petit-déjeuner est le meilleur moment de la journée; seule âme déjà réveillée de si bon matin dans la maison, personne pour l'emmerder ni la regarder, elle est la reine du monde entre 7h15 et 7h45.


La sonnerie du lycée retenti, agressive, c'est pas humain un truc pareil, pense Louise, en passant les portes de l'établissement. CA non plus c'est pas humain, se dit-elle en passant devant la bande de greluches, bien occupées à la détailler de haut en bas à son passage, en gloussant et en la montrant du doigt. Louise elle est pas con, et elle est pas aveugle, elle le sait très bien qu'elle est moche, grosse, mal habillée, et qu'elle a le charisme d'une endive. Mais elle est comme ça, et puis elle a un super sens de l'humour et ya pas plus loyale qu'elle. Mais ça les gens s'en foutent, elle ressemble pas à toutes ces poufes à la mode, et ça suffit pour lui gâcher les premières 16 années de sa vie. Alors elle a décidé qu'elle les emmerde tous, qu'ils ont qu'à aller se faire foutre par un ours, rigole toute seule de sa blague, et voilà, on va en plus la prendre pour une folle. Ainsi, comme tous les matins, elle ferme sa gueule mais n'en pense pas moins...vache, elle adorerait les cramer ces connes superficielles.


Voici l'introduction de mon histoire. Une histoire inspirée par des milliers de véritables, la mienne inclue, combien d'entre nous se sont fait emmerder par des cons prétentieux qui se croyaient mieux que les autres? On a cru que ça s'arrêterait jamais, putain, on en a chié à cause d'eux. Et je suis sure qu'ils ne s'en rappellent même pas.
Et là vous vous dites, merde, Louise c'est moi, à deux-trois détails près, te laisse pas emmerder ma fille, pas comme nous, fous-y un coup dans leur gueule, ils méritent que ça! Mais Louise elle est comme nous tous, elle a pas les couilles, seule contre tous, pis si elle fait un truc du genre ça sera encore pire pour elle après.
Mais comme je l'ai dit, ceci est mon histoire, alors j'en fais ce que je veux. On va l'aider Louise, on va les pourrir tous ces merdeux.

Le lendemain.
Louise ouvre un oeil, décide que c'est pas humainement faisable, décale son réveil, encore 5 min, pitié, hého faut lui laisser le temps, on fait tous pareil pis hé, c'est son grand jour à Louise. 5 minutes plus tard, la machine du diable fait son retour et cette fois faut vraiment y aller. Elle prend pas la peine d'ouvrir les deux yeux, un seul suffit, elle fonce sous la douche, froide, c'est des conneries ça réveille pas, ça vous glace le sang un point c'est tout. Elle descend de la baignoire, manque de se vautrer comme tous les matins, saloperie de carrelage. Comme d'habitude, elle prend le premier pantalon qui lui tombe sous la main, l'enfile, ferme la braguette et le bouton, tend le bras pour choper un de ses horribles soutiens-gorges de grand-mère, les seuls qui peuvent soutenir ses énormes mamelles. A cette seconde elle entend un ploc, ouvre pour la première fois ses deux yeux en même temps, ben ça alors, son pantalon lui est retombé sur les chevilles. Égale à elle même, elle commence par se dire c'est quoi ce bordel encore, vla que mes fringues foutent le camp maintenant! Pis elle regarde bien, et là, elle se pense qu'elle est définitivement folle. De ses énormes poteaux blancs comme des merdes de laitier et dégoulinant de cellulite, il ne reste plus que de jolies jambes fines et bronzées, parfaitement épilées, pis ya plus le gros bleu qu'elle s'est fait dimanche en se mangeant la table basse du salon. Et là, elle se rend compte qu'elle voit ses jambes. Normalement la vue est obstruée par sa poitrine, et maintenant qu'elle y fait attention elle se découvre de petits seins charmants, qui ont même pas besoin de sous-tif. Louise elle croit pas en Dieu, mais si pour que tout ça soit vrai faut qu'elle s'y mette, elle signe n'importe quoi. Et la voilà qui se précipite dans la salle de bain, et stop net, nue devant la glace. Ça lui coupe le sifflet:elle est bien foutue. Des cuisses qui se touchent pas, des petits seins adorables, aucun surplus de peau ne coule sous ses bras, et son ventre est si plat qu'en respirant un grand coup elle voit ses côtes. Par contre, quand elle tombe sur son visage,notre Louise sent qu'elle va tourner de l'oeil. Des yeux bleus, des cheveux blonds décolorés raides et lisses comme ceux d'une barbie, une mèche en travers des yeux, un truc qui brille au dessus des lèvres, des dents blanches parfaites...horreur, elle est...L'autre conasse d'Alyson!

Pendant que notre cendrillon se demande si elle perd la boule, vous vous dites que tout cela ressemble à une vulgaire série américaine. Effectivement, et alors? Moi je trouve que c'est un concept intéressant, Louise elle tient sa vengeance et on va tous se poiler, elle, nous. Par contre, il y a le revers de la médaille, Louise c'est une fille bien, mais faudrait pas que grâce au changement, à la longue, elle devienne une conasse notoire; alors je lui ai laissé un mot sur la table de la cuisine, pour lui expliquer que non elle ne rêve pas, qu'elle a une semaine, pas plus, pour profiter de cette situation, que j'suis désolée parce qu'il faudra qu'elle réintègre son corps après, mais c'est pas comme si elle avait pas l'habitude. J'ai signé « Le club de ceux qui aiment pas les cons » et j'ai rajouté un ps pour lui dire de bien réfléchir à ce qu'elle pourrait faire...Quand elle lit ça, Louise sourit et là, on sait qu'elle commence à avoir des idées.


Mais allons voir ce qui se passe du côté d'Alyson, elle est déjà debout, et elle sent un truc bizarre, qui la tire vers le bas. Elle manque d'avoir une crise cardiaque quand elle tombe nez à nez sur deux seins énormes, qui tendent sa nuisette à la limite de l'explosion. D'ailleurs, les coutures de son shorty elles, n'ont pas résisté à la pression de ses cuisses. Elle manque de s'évanouir, essaye de se raisonner, cela ne peut pas être vrai, elle doit être en plein cauchemar. Oui, elle va se réveiller, sera de nouveau elle, parfaite, rejoindra ses copines, leur racontera cette mauvaise nuit, et elle pourra se rassurer en se comparant à l'autre grosse vache de Louise. Moi, jme marre parce que je sais qu'elle est pas prête de se réveiller, 7 jours ça fait long, et puis comme je l'aime pas, elle, je ne lui ai pas laissé de note explicative. La « pauvre » Alyson se frotte les yeux, se plonge la tête sous le robinet d'eau froide, mais quand elle relève la tête ce qu'elle voit dans le miroir lui arrache un cri et elle recule. Elle est grosse. Grasse. Horrible. Et sa tête...cette affreuse tête porcine...C'est celle de...Comment vous décrire ce qui lui passe dans la tête, elle est à deux doigts de devenir cinglée. Elle fouille sa chambre du regard, comme si elle pouvait trouver une solution quelque part sur une étagère. Et là elle se souvient, aujourd'hui elle a un examen capital, si elle le foire elle passera pas en 1ère. Elle verra plus ses copines. Ce sera la honte. Elle est obligée d'aller au lycée. Mais elle peut pas y aller comme ça, elle ressemble à un hippopotame, et elle commence à pleurer. C'est le moment que je préfère. Sadique, moi? Elle va être en retard, il faut qu'elle s'habille, ses copines vont bientôt arriver. Elle tente d'enfiler un pantalon, taille 36, peine perdue. Elle n'a que des slims et des minijupes, elle essaye tout, elle ne passe même pas les chevilles. Les joues inondées d'eau salée, elle empoigne tous les vêtements dans son armoire, et jette tout par terre. Elle aperçoit tout en haut une pile d'affaires que sa mère ne met plus, alors que Alyson lui a crié 100 fois qu'elle voulait pas de ses merdes taille XXL dans son armoire. Elle a plus le choix, elle sort la pile, examine les fringues. Pantalon écossait, chemise à frous frous, veste beige à gros boutons dorés. Horrible. Verte de rage, Alyson enfile le pantalon taille 44. Trop serré, mais c'est la seul dans lequel elle rentre. Pas le choix non plus pour le haut, ses seins immondes ne rentrent dans aucune soutien-gorge et aucun petit débardeur. Il pendent lamentablement, et elle doit se résoudre à les cacher dans la chemise informe et large, recouverte par la veste achetée spécialement pour le mariage de tante Nathalie, en 95. Quand son portable sonne, Alyson sursaute, elle saisit son sac, et dévale les escaliers de son bel immeuble parisien, situé en plein quartier chic. Quand Jessica et Gwen la voient, elles lui jettent un regard comme Alyson n'en a jamais pris de sa vie, et elle sent comme un coup de fouet et plein dans son ventre. Un sourire narquois se dessine sur les deux visages, et quand Alyson s'approche, les filles lui lancent d'un air méprisant « Hé ben Willy, on se balade? ». Interloquée, Alyson s'arrête, et quand elle découvre ce que c'est de se sentir comme une merde, elle part en courant et en pleurant. Les gloussements derrière elle sont comme des griffures et elle a jamais eu aussi mal de sa vie.


Si la mère d'Alyson n'a pas toujours eu la taille mannequin, bizarrement, celle de Louise, elle, était foutue comme une déesse dans sa jeunesse. Et ne désespérant pas de retrouver sa taille de guêpe, ses jolies robes sont soigneusement pliées dans un carton dans le placard du couloir. Louise se délecte de voir son corps glisser dans les étoffes douces et fines, elle pourrait passer la journée rien qu'à profiter d'entrer facilement dans un vêtement. Aujourd'hui, pas de soutien-gorge, ça lui était pas arrivé depuis ses 11ans. Elle non plus n'a pas oublié l'examen décisif, alors elle se décide pour une robe rouge qui met sa taille fine et ses petites fesses en valeur, et elle part pour le lycée.


Un moment incroyable nous attend: la rencontre.
(Suite peut-être un jour...)

Publié par la-rage-au-ventre

Par Laptitepoulettemi-blonde le Samedi 19 juillet 2008 à 19:06
génial ^^ c'est trop bien écrit ! L'histoire est drôle mais réaliste ^^
J'en profite pour te faire de Gros bisous ma ptite choupinette d'amour
Par La Marquise Du Sombre Lys le Lundi 21 juillet 2008 à 8:36
Enorme ! J'adore... ça me rappelle mon histoire aussi, j'aurais bien aimé être une d'entre elle pendant une semaine pour toute les pourrir ces greluches :P
Par Alrick xx le Jeudi 24 juillet 2008 à 15:03
Mouais, sympa, me rend pas vraiment compte vu que je suis du coté des "prétentieux" lol.
Et, bizarement, je n'ais pas le désir de me réveiller le matin en ressemblant à Patrick ?!
Sur ceux on se voit à bientôt ...
Alrick xx
Par maud96 le Mercredi 29 octobre 2008 à 13:11
Moi qui déteste les "séries", j'ai adoré ton texte, ici. Plein d'humour et si bien écrit ! Bravo !
 

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